Quelque 600 interruptions de grossesse clandestines chaque jour au Maroc : ce sont les estimations de la toute première étude scientifique nationale, menée par l’Association marocaine de planification familiale (AMPF), réalisée en 2007. Dans un pays où l’avortement est un triple interdit légal, social et religieux, des voix s’élèvent depuis peu pour ouvrir le débat sur sa libéralisation.
...Prison ferme
L’AMPF, qui rendra publiques, en novembre prochain, ses conclusions d’enquête sur « l’avortement à risque » estime que 35% des femmes de 15 à 49 ans y auraient eu recours au moins une fois. Pour le Pr Chraïbi, cette estimation représente les avortements « en milieu médicalisé, ce qui peut signifier, par exemple, chez un dentiste », mais qui ne
garantit pas de bonnes conditions sanitaires : « Il y a six mois, un chirurgien s’est fait attraper, il pratiquait des avortements dans sa cave ». ...
Un marché lucratif
Le prix de l’intervention varie de 2 000 à 10 000 DH (de 180 à 900 euros) et certains cabinets ne pratiquent que cela. Le prix varie selon le stade de grossesse, ou « la vulnérabilité de la personne », déplore Karima B., qui a dû débourser 2 000 DH (plus d’un Smig marocain) pour se faire avorter « de façon très expéditive, sans anesthésie, ni calmants, ni suivi postopératoire » chez un généraliste.
suite: http://www.rfi.fr/sciencefr/articles/106/article_73062.asp