vendredi 6 novembre 2009


Voyage en plastique

Par Steph, vendredi 23 octobre 2009 à 20:30 :: Blabla :: #327 :: rss
Ce qu'il restera de notre civilisation, dans 500 ans, dans 1000 ans, dans 5000 ans, c'est une sorte de sable. Un sable multicolore, qui n'a rien de naturel. Un sable de plastique. Ce matériau né avec le pétrole se retrouve aujourd'hui partout sur Terre. Bien sur sous les doigts qui écrivent ce texte, dans la bouteille d'eau que vous avez sur votre table, dans l'appareil que vous avez contre votre oreille. Mais aussi, et peut-être surtout maintenant, dans la nature. Des capsules de bouteille, des fragments de sacs, des lambeaux de brosse à dents. Le sable, le vrai, le minéral, en est infesté. Tout comme la roche est érodée et se transforme en grains de plus en plus fins, les plastiques se fragmentent sous l'action mécanique et physique des vagues, du vent et du soleil. Et comme le rapporte Alan Weisman dans son livre "Homo Disparitus" ("The World Without Us" en anglais), "le moindre bout de plastique produit dans le monde ces cinquantes dernieres années existe encore. Il se trouve quelque part dans l'environnement" (p.162). Et il indique qu'en 1998, Charles Moore effectua un échantillonnage dans le Grand Tourbillon du Pacifique Nord (entre Hawaii, le Japon, la Russie, l'Alaska, le Canada et les Etats-Unis) qui montra que la masse des débris de plastique, parfois non-visibles, à la surface de l'océan était six fois supérieure à celle du plancton...


Sur une plage, en hiver, sous nos cieux, vous êtes certain de trouver un morceau de plastique. Qui n'est jamais tombé sur un briquet, une capsule, un coton-tige? Si c'est le cas en Europe, en Corée ou en Californie, il ne faut pas perdre de vue que par le biais des courants marins, ça l'est aussi de l'autre coté du monde, dans un coin perdu comme Midway, en plein milieu du Pacifique. Là-bas, Chris Jordan y a photographié, stupéfait, des restes d'oiseaux. Des oiseaux dont on se demande si leur squelette n'était pas de plastique justement. Le contenu de leur estomac peut être un bon indice de ce qu'est la réalité de cette omniprésence du plastique...