mercredi 31 mars 2010

80% du thon rouge du monde entier est consommé par le Japon

Thon rouge : “La technique de lobbying du Japon est bien rodée”

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Le suspense n’aura pas duré longtemps. Quelques heures à peine après l’ouverture des négociations, la conférence triennale de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées) a choisi de maintenir le commerce international du thon rouge d’Atlantique Est et de Méditerranée. La proposition monégasque visant à interdire les exportations et importations du thunnus thynnus, en l’inscrivant à l’Annexe I des espèces menacées, a donc été rejetée, par 68 voix contre 20 favorables et 30 abstentions. Depuis une semaine, le lobbying était à l’œuvre entre les délégations de la centaine d’Etats présents à Doha (Qatar). Patrick Van Klaveren, ambassadeur de Monaco à la Cites, interviewé avant le résultat du vote, explique les conflits d’intérêts entre les pays et les tractations de couloir qui ont eu lieu.



En quoi consiste la proposition de Monaco concernant le thon rouge ?

Patrick Van Klaveren : Nous avons proposé de suspendre le commerce international du thon rouge d’Atlantique et de Méditerranée, pendant cinq ou dix ans, le temps de permettre à l’espèce de se reproduire et de reconstituer ses stocks. La poursuite du commerce national, avec une pêche artisanale, reste par contre possible dans la mesure où il ne représente que 20% des prises de thon. Cette suspension devrait permettre de rendre l’exploitation du thon durable. Ce n’est pas le cas aujourd’hui puisque le commerce international, en grande partie illégal, peut atteindre 60 000 tonnes de prises par an au lieu des 22 000 tonnes autorisées l’an dernier par l’ICCAT [Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, qui a revu sa position à 13 500 tonnes pour 2010]. Conséquence : on observe aujourd’hui une réduction des stocks de 82% dans l’Atlantique depuis 1970.

La suspension de la pêche n’est toutefois pas suffisante. Il faut aussi parvenir à une responsabilisation du consommateur. On commence à l’observer puisque des restaurants comme les Relais & Châteaux ôtent de leurs cartes le thon rouge. Les consommateurs japonais devront aussi eux aussi réduire leur consommation ou entamer leurs stocks - avec le risque d’une augmentation du prix des produits.

Quels sont les pays opposés à cette résolution ?


suite: http://ecologie.blog.lemonde.fr/2010/03/18/thon-rouge-la-technique-de-lobbying-du-japon-est-bien-rodee/