vendredi 4 juin 2010

Invisibles désastres pétroliers, par Jean-Philippe Rémy A LIRE.

Les jours passent, le nuage d'hydrocarbures continue de s'étendre dans les profondeurs du golfe du Mexique, menaçant de tuer peu à peu la vie sous-marine. On parle déjà de consacrer un milliard de dollars, peut-être plus, pour sauver ce qui pourra l'être après cette marée noire d'anthologie.

Il est un autre endroit où des dommages de même nature pourraient être observés s'il était plus simple de s'y rendre. C'est le delta du Niger, dans le sud du Nigeria. Depuis cinquante ans que le pétrole est exploité dans ce pays, les conséquences pour la population des zones pétrolifères sont de deux ordres : extension de la pollution et développement de la criminalité.

En mai, la filiale locale de Shell annonçait que 14 000 tonnes de brut avaient été dispersées dans la nature en 2009. La compagnie rend responsables de cette marée noire - jamais apparue sur les écrans de télévision -, les groupes armés qui partagent leur temps entre la lutte contre les installations des groupes pétroliers et le détournement de grosses quantités de brut, ce qu'on appelle au Nigeria le bunkering (et qui concerne un dixième de la production). Shell ne dit rien des nombreuses fuites imputables à ses dysfonctionnements dans le passé.


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http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/06/03/invisibles-desastres-petroliers-par-jean-philippe-remy_1367245_3232.html