entre 8 000 et 15 000 enfants, dont trois quarts de garçons, disparaissent chaque année en Chine, victimes d’un «trafic humain» mollement combattu par les autorités. Pour l’avocat pékinois Liu Shaoyuan, «il existe un énorme marché des enfants volés en Chine, dont le gouvernement ne veut pas reconnaître l’ampleur».
Les victimes sont des travailleurs migrants, coupés de leurs familles dans des villes lointaines. Débordés de travail, pauvres et parfois naïfs, ils ont gardé les coutumes tranquilles de leurs villages et laissent leur enfant, toujours unique, jouer dans les rues, les marchés, les cités dortoirs où ils s’entassent par milliers. Lorsque leur enfant disparaît, c’est toute la vie qui bascule : «Depuis un an, je cherche mon fils, raconte Peng Gaofeng. J’ai sacrifié mon travail et mes économies, ma femme est malade.»