Que vous apprend votre enquête ?
Nous avons examiné les données correspondant à 4200 jeunes filles. Nous constatons qu’elles entrent en puberté plus tôt. Le développement de la glande mammaire survient en moyenne à 9 ans et trois mois. Ces chiffres sont corroborés par ce que nous constatons en consultation clinique. On voit maintenant en moyenne une fois par semaine dans notre service du CHU de Montpellier des petites filles de 3 à 5 ans qui commencent à avoir des seins. A l’inverse, on en voit aussi beaucoup qui ont de vrais retards de croissance dans ce domaine. On ne voyait pas de tels écarts hormonaux il y a dix ans.
Est-ce un problème de commencer à avoir des seins très jeune ?
Ce n’est pas forcément un souci en soi, mais ça peut être un peu compliqué à vivre socialement pour ces petites lolitas. Sur le plan de la santé, il faut surveiller les problèmes hormonaux, car ils peuvent à terme favoriser l’apparition de certains cancers, notamment les cancers du sein.
Quelles peuvent être les causes ?
On sait que beaucoup de petites filles sont en surpoids. Or le tissu adipeux synthétise les œstrogènes, qui déclenchent la puberté. On sait aussi que les aliments riches en soja et en isoflavones (notamment dans le lait et les yaourts) augmentent les œstrogènes. Or, on en mange de plus en plus. Le stress et les pesticides jouent également un rôle.
En quoi les pesticides sont-ils concernés ?
On est envahi par plus de 100000 substances chimiques depuis notre vie fœtale. Or, nous savons que les phtalates, présents dans les plastiques, ou le bisphénol, dans les films alimentaires, ont une forte activité œstrogénique. Le 14 septembre il y aura d’ailleurs un colloque à l’Assemblée nationale sur ces « perturbateurs endocriniens ».
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