
D'abord, il y a les chiffres. Effarants. Certains placés en tête des différents chapitres : "Le secteur de l'élevage industriel participe au réchauffement planétaire pour 40 % de plus que l'ensemble des transports dans le monde." D'autres glissés à l'intérieur du texte : "En tout, le monde élève aujourd'hui 50 milliards de volailles" par an. Puis vient le commentaire : "Chaque année, on oblige 50 milliards d'oiseaux à vivre et mourir de cette façon-là." Cette "façon-là", il faudrait être sourd, aveugle ou habiter sur Mars pour ne pas en connaître au moins les grandes lignes : l'empilement d'animaux dans des espaces ridicules, le bricolage de leur code génétique à des fins de productivité, leur surconsommation de médicaments "non-thérapeuthiques" (c'est-à-dire administrés de manière entièrement préventive), la manière dont ils sont transportés, puis abattus comme s'ils n'étaient pas des êtres vivants, mais de vulgaires objets. "Les animaux sont traités juridiquement et socialement comme des marchandises", constate l'auteur. Tout le monde le sait. Tout le monde l'ignore.
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