vendredi 18 mars 2011

La pluie, simple comme un coup de canon ?

Suffirait-il de provoquer la pluie pour contrer la sécheresse ? La Chine ose le croire. Profitant de l'arrivée d'un front froid le week-end dernier dans la capitale chinoise, le Bureau de modification du temps a procédé à un tir massif de produits chimiques pour ensemencer les nuages et déclencher des précipitations sur la région qui manquait d'eau. Résultat : 16 millions de tonnes de neige se sont abattues sur Pékin, paralysant la circulation et clouant des avions au sol. Mais si la dissipation artificielle fonctionne pour les nuages en couche mince, les cumulo-nimbus contiennent de telles quantités d'énergie que des interventions humaines sont inenvisageables. Et déclencher des pluies ou de la grêle est une toute autre affaire. Plus de 60 ans d'expériences longues et coûteuses n'ont pas permis d'avancée significative. Jean-Pierre Chalon, conseiller scientifique à l'Organisation météorologique mondiale (OMM), se souvient avoir participé en 1976 à un projet sur la grêle aux Etats-Unis qui avait mobilisé 200 scientifiques, des avions et des radars : « La conclusion a été de dire que s'il y avait des modifications, elles n'étaient pas supérieures à 30 % mais on ne savait pas si on avait diminué ou augmenté la grêle ! » Dans un rapport de 2001, l'OMM relève qu'il « n'existe aucun critère quantitatif relatif à la validation des résultats d'une expérience de modification artificielle du temps ». Preuve de notre compréhension encore très incomplète des processus thermodynamiques se déroulant au sein des nuages. Ce qui n'empêche pas l'existence, note ce document, de « plus de 100 projets de modification artificielle du temps mis en œuvre par des dizaines de pays, en particulier dans des régions arides ou semi-arides ».


suite: http://www.lyonplus.com/fr/permalien/article/2175307/La-pluie-simple-comme-un-coup-de-canon.html