mardi 28 avril 2009

LE PROBLEME DU NUCLEAIRE
APRÈS TRENTE ANS D'EXPLOITATION

L'électricité fournie par EDF est d'origine nucléaire à 84 %. Avec l'industrie lourde et la démographie urbaine en hausse, on ne peut s'en passer. Dans ce domaine du nucléaire, qu'on ne maitrise pas vraiment (le nucléaire est avant tout militaire), il reste un problème crucial, et sans doute insoluble : la gestion des déchets.

Les déchets nucléaires sont radioactifs des centaines de milliers d'années, voire plus pour le plutonium. La France, avec le parc de centrales le plus important d'Europe, en produit environ 3 000 m3 par an. Provisoirement stockés à La Hague et à différents endroits, ils peuvent mettre des milliers d'années à perdre leur radioactivité. Enfin, le risque d'une catastrophe faisant plus de 90 000 morts comme celle de Tchernobyl n'est pas exclu.

Le problème du stockage des déchets radioactifs

Les déchets radioactifs sont classés en trois catégories : A, B et C

Conditionnement des déchets B et C. enfouissement à Bure
Classés B et C, ces éléments sont radioactifs des milliers d'années, 24 milliards pour le Plutonium, on ne sait pas comment s'en débarrasser. "En attendant d'autres technologies, l'enfouissement semble la seule solution." concluent les auorités.
L'enfoissement est-il sans risque ?
L'eau souterraine ne risque-t-elle pas d'être contaminée ?

"Le sous-sol est le pire endroit pour y stocker les déchets radioactifs. Pourquoi ? Parce qu'il contient toujours de l'eau en circulation". Claude ALLEGRE, géologue, l'a dit et écrit bien des fois dans ses ouvrages. Dans un stockage souterrain, l'eau étant le vecteur de contamination radioactive, il y a des opposants au site de stockage à Bure...

Les déchets de type A, moins dangereux, sont omniprésents, entreposés un peu partout en France dans des sites de stockage en ville ou en banlieue ! On n'y fait pas attention mais ils contribuent à polluer l'environnement et à générer des cancers.

15 Juillet 2006. Adoption de la loi sur les déchets nucléaires3 axes

Après trois mois de débat, le Parlement a adopté définitivement le texte sur la gestion des déchets radioactifs pour stocker les déchets les plus dangereux en couche géologique profonde à partir de 2025.
Le texte organise en effet les conditions d'installation d'un site de stockage réversible en couche géologique profonde, qui doit être choisi en 2015 pour commencer à fonctionner en 2025. Députés et sénateurs ont imposé la tenue d'un débat parlementaire préalable à l'autorisation du centre de stockage, fixant les conditions de la réversibilité, après avis des collectivités territoriales et de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Les parlementaires ont aussi précisé que l'autorisation devait concerner une couche géologique ayant fait l'objet d'études au moyen d'un laboratoire souterrain et que la fermeture du centre de stockage devait être autorisée par une loi. Cette option du stockage en couche profonde est destinée à accueillir les déchets les plus radioactifs, dont la durée de vie est estimée à des milliers, voire des centaines de milliers d'années. Le coût du stockage, sur 100 ans, est estimé à environ 15 milliards d'euros, a-t-on indiqué au ministère de l'Industrie.
Parallèlement au stockage, le projet poursuit les recherches sur la séparation-transmutation (transformation des éléments radioactifs pour diminuer leur durée d'activité) et envisage l'entreposage de long terme (100 à 300 ans au lieu des 50 à 100 ans actuels). Mais, en cas de problème, l'alerte par la sécurité civile est peu efficace.
Il y a aussi l'épineux problème du démantèlement des centrales nucléaires vétustes en plus de la gestion des déchets. Jusqu'à maintenant, le prix du kilowatt/heure ne tient pas compte du prix exorbitant du démantèlement des centrales en plus de la gestion des déchets.

parc françaisLe programme de renouvellement de nos centrales nucléaires est une fuite en avant de dirigeants incapables de régler le problème des centrales vétustes ! Comme certaines centrales nucléaires ont vieilli, elles rejettent des effluents radioactifs par les fissures.
Aujourd'hui, le parc français compte 18 centrales, avec 58 réacteurs. On sait que chaque centrale ne peut fonctionner plus de 24-25 ans sans présenter des problèmes de fissures évolutives. EDF a obtenu en 2004 de les prolonger plus de 30 ans, malgré les "incidents" et les fissures laissant s'échapper des effluents radioactifs. Ces centrales constituent par elles-mêmes des déchets si conséquents qu'elles seront des monuments bien encombrants pour les générations futures. Le dôme de béton restera en place le temps que les moyens financiers et la nécessité l'exigent.
On a transféré sur les générations futures le coût de notre bien-être actuel. C'est la première fois que cela se produit dans l'histoire !

Le 9 avril 2008, le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre, dans le Loiret, a été stoppé tandis que le plan d’urgence interne était déclenché par EDF.
On apprend maintenant qu'il y a une fuite d'effluents radioactifs depuis des années...

Fuite d'uranium à la suite d'un accident au site de Tricastin : l'eau du robinet est polluée !
Aujourd'hui 16 juillet, on veut nous rassurer en disant que la contamination des nappes phréatiques d'eau souterraine ne vient pas de la fuite d'uranium de la centrale voisine de Tricastin, une des plus anciennes du parc français et dont la durée a été prolongée pour faire des économies ! Les 97 ouvriers qui sont intervenus sont irradiés. Les travailleurs irradiés ne sont même pas indemnisés ! Mais des mesures pour l'eau et la végétation sont prises... pour être levées 7 jours après ! Il ne faut pas croire que l'on a affaire à une série noire ces 15 derniers jours car le nucléaire en France c'est près de 90 incidents de ce type par an, ainsi que des pollutions régulières et anciennes autours des installations. Les autorités rechignent à dire la vérité. Les dangers sont minimisés par les responsables, mais le danger est invisible et pernicieux. L'eau et la nourriture auprès des centrales sont contaminées à cause des effluents radioactifs qui s'en échappent. Ces incidents démontrent qu'au delà des incantations, le nucléaire qu'on nous présente comme une énergie propre et sûre reste une énergie polluante, dangereuse et mal maîtrisée ! Une fuite d'uranium qui dure depuis un an a été constatée jeudi 21 août par l'entreprise Comurhex, filiale d'Areva, à Pierrelatte, sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme), annonce vendredi soir la préfecture de la Drôme dans un communiqué. Mais, encore une fois on nous dit que c'est banal, sans véritable danger pour l'environement. « Or, comment peut-on affirmer qu'une perte de 74 kg d'uranium est une anomalie, un incident bénin : c'est 30 fois la limite annuelle de rejet autorisé pour cette installation, s'exclame Roland Desbordes, le directeur de la CRIIRAD*. Cela n'a rien à voir avec une petite vanne coincée ! »

Chaque année en France, des centaines d'alertes de niveau 0 et 1 sont enregistrées par l'ASN (62 niveaux 1 cette année). Et dans les niveaux 1, on trouve aussi bien des problèmes de tuyauterie, de vannes bloquées, que des cas de pollution « légère », parait-il !.

La doyenne des centrales du parc nucléaire français est située au bord du Rhin, à Fessenheim.
Après 30 ans de service, le niveau de sûreté de la centrale de Fessenheim serait «globalement satisfaisant», selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a effectué 20 inspections - dont sept inopinées - en 2006. Lors de sa dernière visite, des «micro-fissures évolutives» avaient pourtant été décelées sur la cuve d'un réacteur. Or la cuve constitue, avec l'enceinte en béton, le seul élément non remplaçable d'une centrale ! L'ASN indique par ailleurs que 49 «écarts d'exploitation» ont en effet été signalés en 2006, contre 40 en 2005. Selon l'ASN, les nombreux incidents survenus ces dernières années avaient pour origine, en général, une mauvaise application des procédures et n'étaient pas liés à l'âge de l'installation. Instance indépendante d'EDF et du gouvernement, l'ASN devra déterminer, au vu des résultats de la troisième visite décennale programmée pour 2009\2010 si l'installation est effectivement toujours conforme au référentiel d'exigence de sûreté. Cela inquiète la population.

Officiellement, on nous annonce de nouvelles centrales avec réacteurs EPR. Ces centrales à réacteurs EPR sont jugées aussi dangereuses que les autres. La prochaine centrale EPR va être construite à Flamenville (Manche) à partir de 2007 : l'avis favorable de l'ASN a été donné le 6 mars et la manifestation anti EPR du 17 mars - ils étaient des dizaines de milliers à s'être déplacés - n'a pas empêché la publication du décret donnant l’autorisation à EDF de construire un réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR, le 11 avril. Puis le Président Sarkozy annonce en juillet la construction d'une seconde. Colère. Des fûts de déchets radioactifs vont s'amonceler dans les sites de stockage, en Haute Marne... et à Bure.

LES ATOLLS DE MURUROA ET DE FANGATAUFA CONSTITUENT DES SITES DE STOCKAGE DE DÉCHETS RADIOACTIFS D'ORIGINE MILITAIRE.
A partir du moment où on considère que les atolls de Mururoa et de Fangataufa constituent désormais des sites de stockage définitif de déchets radioactifs sans utilité militaire, ils devront être gérés et surveillés dans des conditions aussi proches que possible de celles qui seront applicables aux centres de stockage qui devraient être créés en Métropole.
AUTREFOIS PARADIS POUR LES AUTOCHTONES, LES DEUX ATOLLS DEVRONT RESTER INHABITÉS À TOUT JAMAIS ET ÉTROITEMENT SURVEILLÉS.

TchernobylCela fait 20 ans que le cœur du réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé, causant la plus grande catastrophe nucléaire civile du siècle, avec un nuage radioactif gigantesque et causant peut-être plus de victimes que les bombes larguées sur les villes de Hiroshima et Nagasaki.
Officiellement, elle a entrainé au moins 100 000 morts et 900 000 invalides. Mais après une seconde explosion, il restait 90 % du combustible et la réaction en chaine n'est pas prêt de s'arrêter. Le sarcophage de béton qui recouvre la centrale n'est là que pour en atténuer les effets. Il ne pouvait pas arriver pire !

Informations fournies par un rapport tenu secret :
Parmi les thèmes traités à caractère purement médical, notons en particulier que les évaluations de dose collective faites par les soviétiques étaient très "conservatives".
Les soviétiques avaient en effet calculé que les 75 millions d'habitants de l'Ukraine et de la Biélorussie recevraient chacun en moyenne une dose de 3,3 Rems pendant leur vie, soit une dose collective de 247 millions d'hommes-rem.
En partant de là et compte-tenu des normes de la CIPR (un cancer probable pour une irradiation de 10.000 rads), le chiffre de 25.000 décès par cancer avait été cité.
Les chiffres sont en fait inférieurs d'au moins un facteur 10 et ils doivent être présentés avec précaution en indiquant qu'il s'agit d'une valeur maximale.
Mesures d'urgence (Rapport secret de l'AIEA):
La situation confuse qui est apparue dans certains pays européens a montré la nécessité d'une réflexion internationale dans le domaine des mesures d'urgence.
– Très grande importance d'un pouvoir décisionnel unique mis en place dans les meilleurs délais.
– La philosophie générale d'évacuation est la suivante :
. si< 45 Rem ... pas d'évacuation
. si > 75 Rem ... évacuation
. entre 45 et 75 Rem... confinement dans les habitations.
– Difficultés posées par l'évacuation du bétail (plusieurs dizaines de milliers de têtes).
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Enquête réalisée par l'Ifop, réalisée en février 2007 auprès d'un échantillon représentatif de 502 habitants des deux départements alsaciens :
L'Alsace est divisée sur l'avenir de la centrale de Fessenheim : 50 % des alsaciens se déclarent favorables à la poursuite de l'activité de la centrale, pour des raisons économiques, 50 % réclament sa fermeture à l'échéance des 30 années d'exploitation, dont 16 % pour son arrêt immédiat, pour des raison de sécurité.
Près de trois Alsaciens sur quatre sont d'avis que la centrale ne résisterait pas à une attaque terroriste ni, pour 56 %, à un séisme de forte magnitude comme celui qui avait détruit Bâle, ville suisse distante de 40 kilomètres, en 1356.
« On ne peut pas continuer à exploiter cette centrale dans l'état où elle est, martèle Nicole Roelens, présidente de Stop Fessenheim. Cela nous ferait vivre constamment dans la pire insécurité : celle d'une catastrophe nucléaire. »
L'association, qui relaie en Alsace les idées du réseau Sortir du nucléaire, a lancé un « appel solennel » au président de la République, signé par 150 élus alsaciens, demandant l'arrêt immédiat de la centrale. On connait la réponse... En juillet, le président a annoncé la construction d'une seconde nouvelle centrale EPR.